Interview de Léonidas

Grâce à des techniques tout à fait impossibles scientifiquement, nous sommes parvenus à contacter un des héros les plus célèbres de l’Antiquité : le roi de Sparte Léonidas Ier en interview exclusive depuis le studio Elysium.

populus – Léonidas, vous êtes un personnage très célèbre, pourtant on ne sait quasi rien sur vous excepté votre mort héroïque dans la bataille des Thermopyles. Qui êtes-vous ?

Léonidas – De mon vivant, je fus un des deux rois de Sparte. J’ai eu une magnifique femme, Gorgô, et un brave fils, Pleistarchos. Quand mon épouse m’a demandé ce qu’elle devrait faire si je ne revenais pas, je lui ai répondu d’épouser un brave et de donner naissance à des braves. Ces au revoir ont été la chose la plus dure de ma vie, bien que je n’aie bien sûr rien laissé paraître. Mais le devoir envers la patrie nous appelait, la guerre appelait.

Décrivez-nous la campagne qui vous a mené vous et vos 300 guerriers aux Thermopyles.

D’abord, selon la coutume, j’ai offert des offrandes à Zeus et Athéna afin qu’ils soutiennent notre expédition. Aussi, nous n’étions pas 300 mais plus de 8000 : outre mes Spartiates, des milliers d’hommes d’autres cités grecques nous accompagnaient. Tous ces hommes m’ont élu comme leur commandant et chef pour cette guerre. Sur le chemin, j’ai enrôlé de force 400 Thébains dont la ville sympathisait avec les Perses, ce qui ne pouvait pas être toléré.

Où était le reste des armées grecques ?

Elles devaient se rassembler à Athènes. Notre devoir était de retarder l’ennemi et de tenir le défilé des Thermopyles contre les armées de Xerxès de Perse pour donner le temps aux autres grecs de dresser une défense digne de ce nom contre les barbares.

Qu’avez-vous pensé des mots de l’oracle de Delphes ?

Au début du conflit, nous avons bien évidemment consulté l’oracle de Delphes pour connaître le destin qui nous était réservé. Comme d’habitude, la Pythie s’est amusée à tourner autour du pot, mais en gros elle nous a dit soit que nous perdrions, soit que je devrais mourir dans la bataille. Je lui ai ri à la figure : si je devais mourir pour protéger ma patrie, il en serait ainsi.

Décrivez-nous un peu les premiers combats.

Ce fut à nos alliés les Thespiens de parer le premier assaut mené par les Mèdes. Ils se battirent admirablement, leur phalange résistait à toutes les attaques sans problème. Il faut cependant dire que Xerxès avait envoyé beaucoup d’hommes mais peu de soldats ! Cependant, le deuxième jour, insatisfait des résultats de son premier assaut, il envoya sa garde personnelle : les 10 000 Immortels. Cette fois, j’ai personnellement mené mes 300 spartiates au combat. Heureusement, car je doute que les Thespiens auraient pu résister à ces guerriers ‘d’élite’ perses sans subir de grandes pertes. Ces derniers n’étaient cependant pas de taille face aux guerriers spartiates et leur tactique n’était pas plus sophistiquée que celle des Mèdes auparavant : il se jetaient littéralement sur nos lances ! Courageux oui, effectif non !

Armée spartiate (droite) face aux Perses (gauche)

D’autres assauts s’ensuivirent pendant les jours suivants, mais ce ne fut que lorsqu’un traître les guida sur un chemin secret derrière nos lignes que les Perses prirent le dessus. Sachant que la fin était proche, j’ai renvoyé tous nos hoplites sauf mes 300 braves, nos fidèles amis Thespiens et nos ‘alliés’ Thébains, et on s’est préparés à notre dernier combat.

Que pensez-vous de la représentation de votre mort dans le célèbre film de notre temps 300 ?

Bien que la mise en évidence de notre héroïsme dans notre dernier combat me plaise globalement, je dois néanmoins rectifier certaines choses. Comme déjà dit, nous n’étions pas qu’à 300 ; à nos côtés combattaient ce qui restait des Thespiens, ainsi que les Thébains enrôlés sur le chemin. Aussi, je n’étais pas le dernier homme debout : après que je suis tombé, mes Spartiates ainsi que les Thespiens ont protégé mon corps, tandis que ces lâches de Thébains ont jeté leurs armes et se sont rendus. Mes hommes se sont battus jusqu’au bout mais ont ainsi tous été tués.

Dites, au moment où vous regardez vers le ciel et voyez toutes ces flèches s’abattre sur vous, n’avez-vous pas regretté pendant une seconde de n’avoir porté aucune armure ?

Pendant la majorité du combat, des flèches sont tombées du ciel sur nous comme sur les ennemis qui étaient en combat rapproché. Ceci a d’ailleurs plus endommagé les barbares, car ils portaient en général moins de protections que nous. Il est en effet complètement faux d’assumer que moi et mes Spartiates ne portions pas d’armure : comme tous les hoplites de ce temps nous étions équipés d’une cuirasse en bronze. Nous étions peut-être courageux et prêts au sacrifice, mais pas fous au point de se promener tout nus sur un champ de bataille. On laisse ce genre de conneries aux Béotiens[1] !

Captures d’écran Total War: Rome II

[1] Béotiens : peuple de la Grèce moyenne qualifié d’une intelligence inférieure par les autres grecs.

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