Les femmes, le mariage et les enfants à Sparte

La conception des bases du mariage change au fur et à mesure du temps. Il y a quelques années par exemple, nous avons voté une loi autorisant le mariage pour tous. Mais qu’en était-il à l’époque lacédémonienne ? Nous savons que Sparte était une société évoluée, mais qu’en était-il du rôle de la femme et de l’importance qui lui était accordée ? Nous allons découvrir que les mœurs spartiates étaient plus étonnantes que ce que nous pouvons penser, que ce soit de notre point de vue ou de celui des autres citoyens grecs.

Le mariage entre Spartiates

La vie des jeunes époux commençait par l’enlèvement de la jeune fille qui, contrairement aux Athéniennes, est ‘mûre dans sa beauté’, ce qui veut dire qu’elle a dans les environs de 18 ans, tout comme son mari. La jeune fille était enlevée, sa tête était rasée jusqu’à la peau et on lui faisait porter des vêtements et des chaussures d’homme. Elle devait dormir dans une simple paillasse et la lumière n’était pas un luxe qui lui était accordé. Le marié rejoignait sa jeune épouse après le repas en communauté et passait un peu de temps avec celle-ci avant de rentrer dormir à la caserne. Leur relation restera ainsi cachée, jusqu’au moment où la femme engendrera des enfants. Les époux ne se cacheront plus autant et pourront se voir en plein jour. Le fait que les conjoints ne pouvaient pas passer beaucoup de temps ensemble permettait de renforcer leurs liens et entraînait un amour qui reste frais, avec toujours une braise jamais complètement éteinte, un désir jamais vraiment assouvi.

Leur vie restera fortement séparée et ce jusqu’à leurs 30 ans. L’homme se doit de vivre avec ses camarades à la caserne, de partager ses repas et d’y dormir. Le repas est payant et il est très mal vu de ne pas y manger. Pour payer ce repas, ils possèdent des terres qui leur rapportent 70 médimes d’orge pour les hommes mais seulement 12 pour les femmes. Les citoyens ne peuvent pas se démarquer financièrement parlant, ils ne peuvent donc exercer une autre activité que celle de guerrier.

L’adultère n’était pas quelque chose qui existait dans la ville de Sparte. Les conjoints pouvaient se livrer à des relations extra-conjugales sans aucune retenue, l’objectif principal étant de procréer des citoyens forts et vigoureux. Cela ne posait pas non plus de problèmes par rapport à l’appartenance des enfants, étant donné que les enfants n’étaient pas considérés comme appartenant aux parents mais bien à l’Etat. De même, les relations homosexuelles entre hommes étaient non seulement tolérées mais également encouragées. Les raisons sont assez simples : les hommes se battent plus passionnément ensemble s’ils ont des liens un peu plus ‘particuliers’ entre eux. Cela les rapprochait, de plusieurs manières…

Le sort des enfants

Jeunes Spartiates s’entraînant au combat. Christoffer Wilhelm Eckersberg

Les enfants tout juste nés devaient être portés à un lieu nommé Lesche où les citoyens les plus anciens résidaient. Ceux-ci décidaient du sort du nouveau-né. Si celui-ci semblait fort et vigoureux, on le nourrissait et on lui accordait une des neuf milles parts de terrain ; en revanche, si l’enfant semblait faible, on le jetait dans le gouffre d’Apothètes, considérant qu’il ne serait avantageux ni pour lui ni pour la cité de le garder. Le bébé devait également être trempé dans du vin pour vérifier qu’il ne soit pas épileptique : si tel est le cas, il aurait des convulsions au contact du vin pur. Toujours dans l’optique de faire évoluer l’enfant en un guerrier fort et vigoureux, les nourrices ne leur mettaient pas de langes. Les jeunes enfants pouvaient donc se développer plus librement. Les enfants Spartiates étaient aussi élevés pour arriver à s’accommoder à n’importe quel genre de vie : n’être dégouté de rien, n’avoir peur ni de la solitude ni de l’ombre, etc.

Dès l’âge de 7 ans, les enfants étaient enlevés de leur mère pour aller vivre et manger avec les autres du même âge. Ils apprenaient alors à se connaître et à avoir les mêmes occupations, ce qui les préparaient bien à leur vie future. Leur chef de bande était le plus intelligent et le plus courageux d’entre eux, il avait le droit d’infliger des punitions aux autres et ceux-ci devaient l’écouter et lui obéir. Les plus âgés surveillaient les jeux des enfants, et causaient volontiers des disputes dans le but de voir leurs réactions, de cerner leur caractère ainsi que de se rendre compte de leur courage. On leur enseignait les matières telles que les lettres dans le strict nécessaire ; la plus grosse partie de leur éducation était axée sur le commandement, la résistance à la fatigue et la préparation au combat. Plus les enfants grandissaient, plus on les habituait à vivre nus avec la tête rasée jusqu’à la peau.

A partir de 12 ans, leur seul habit était un manteau qu’ils recevaient pour l’année. Ils étaient sales et on ne leur octroyait le droit de se laver qu’à certaines occasions pendant l’année. Ils dormaient tous par troupes sur des paillasses faites par leur mains nues. On mettait à la tête des troupes d’enfants des irènes, jeunes de 20 ans, et des mellirènes, un peu plus âgés. Ceux-ci commandent les enfants durant les combats et les utilisent comme serviteurs chez eux. Les enfants étaient peu nourris pour qu’ils soient contraints d’avoir recours à des stratégies ingénieuses pour se nourrir. A cause de leur manque de nourriture, leur corps va également se développer en longueur étant donné que leur souffle vital n’a pas de grande occupation ni beaucoup d’énergie à dépenser.

L’éducation des femmes

Les femmes sont éduquées très durement. Elles sont entraînées à faire beaucoup de sport comme la course, la lutte, les jets de disques et de javelots ; et ce pour deux raisons principales. La première concerne les douleurs de l’accouchement : les femmes ayant un corps robuste supporteront plus facilement les douleurs de l’enfantement. La deuxième est en rapport avec le développement de leurs futurs enfants : les bébés qui se développent dans un corps robuste auront plus tendance à devenir robuste à leur tour. Leur éducation est de plus composée d’apprentissage de la musique et de la danse qui est sont très importantes lors des fêtes religieuses.

Le rôle des femmes était aussi de célébrer les guerriers qui le méritaient, pour telle ou telle raison. Les autres étaient blessés dans leur amour propre et cela leur donnait donc envie de se surpasser. Cette technique était bien plus efficace que des reproches venant des supérieurs. Leur rôle était aussi d’encourager leur fils à être un bon combattant et à être vainqueur : elle se réjouissent même de la mort de leur fils si elle est glorieuse.

Spartiate remettant un bouclier à son fils.
Jean-Jacques Le Barbier

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